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Qui a peur du gros méchant loup?

Nos enfants, à mesure qu'ils grandissent, développent toutes sortes de peurs qui nous paraissent parfois exagérées. Heureusement, on peut les réconforter. Les conseils de deux spécialistes en psychologie et en petite enfance, Paul Hastings et Sylvie Bourcier.

Avant cinq ans
Les peurs varient selon l'âge de l'enfant. Un enfant de moins d'un an sera effrayé par les étrangers et les bruits soudains. Jusqu'à deux ans, il aura peur d'être séparé de nous.
À deux et trois ans, la peur des étrangers diminue, mais il craint toujours la séparation. Il commence à avoir peur du noir, des orages, des gros animaux. Les clowns et les gens masqués le terrorisent. Le visage humain transformé de façon bizarre, lui paraît incompréhensible et terrifiant.
À quatre ans, il commence à avoir peur des choses surnaturelles comme les fantômes, les sorcières ou les vampires. Jusqu'à six ou sept ans, il ne différencie pas la fiction de la réalité.

Après cinq ans
Entre cinq et huit ans, notre enfant a encore peur des fantômes et des êtres surnaturels, tout comme il peut encore frissonner durant un orage ou dans le noir. Il développe à cet âge la peur d'être blessé et des peurs situationnelles, comme celles du vide, des hauteurs, du médecin ou du dentiste.
Après huit ans, notre enfant fait la différence entre la fiction et la réalité. Il craint alors de ne pas performer dans ses travaux scolaires, tout comme il a peur de ce que les autres vont penser de lui.
Un rappel: ce n'est pas mauvais d'avoir peur! Si on éprouve la peur, c'est qu'il y a un danger imminent. Pour un enfant qui découvre le monde, l'inconnu représente souvent un danger.

L'Halloween
Avant l'âge de deux ans, notre petit ne comprend pas la signification de l'Halloween, mais il apprécie toute l'attention qu'on lui porte.
À trois ans, il commence à jouer à faire semblant, à aimer se déguiser. On lui fait porter un costume amusant, qui n'est pas épeurant. Durant la tournée pour les bonbons, s'il est parfois effrayé par les costumes des autres enfants, on peut inviter ces enfants à enlever leur masque, ou leur demander leur nom. Si notre enfant a vraiment trop peur, on le prend dans nos bras et on le réconforte.

Faire le test de la réalité.
Il ne faut jamais ridiculiser les peurs de notre enfant car, pour lui, elles sont bien réelles, dit Sylvie Bourcier, intervenante en petite enfance et chargée de cours au Certificat Petite enfance et famille à l'Université de Montréal. S'il a peur du noir, on installe une veilleuse dans sa chambre. S'il croit qu'un monstre se cache sous son lit ou dans son placard, on fait le tour de sa chambre pour lui montrer qu'il n'y a pas de monstre. S'il a peur d'un orage, on reste près de lui en lui disant qu'il est en sécurité dans la maison.
On demande de l'aide professionnelle quand notre enfant a peur au point de déranger ses activités quotidiennes.

Pour les plus grands, qui ont peur d'échouer à un examen, par exemple, on prend le temps de travailler avec lui, de discuter. S'il obtient une mauvaise note, on parle de ce qui a pu en être la cause, et on se donne un plan d'action pour la prochaine fois.
Il a peur de se blesser? On lui apprend les gestes de prudence, les règles de sécurité élémentaires.

Et les ados?
Nos ados traversent une véritable tempête hormonale. Ils prennent conscience de leur monde, sont souvent inquiétés par les malheurs et les désastres naturels. Ils en comprennent l'ampleur.
La guerre menace? On en parle ouvertement avec lui et on lui rappelle que ça se passe loin de chez nous, qu'il n'est pas immédiatement à risque.
On l'invite à faire partie de la solution en lui proposant de se joindre à un organisme qui offre de l'aide aux victimes.

Pourtant, les ados semblent aimer avoir peur!
La plupart des adolescents aiment les films d'horreur, la collection "Chair de Poule" et les émissions de télé à saveur surnaturelle car la peur est excitante et leur procure des sensations.

Un film d'horreur provoque une réaction semblable à la peur: le corps s'excite, décharge de l'adrénaline, augmente le rythme cardiaque et respiratoire. Or, comme nous vivons, quoiqu'on en dise, dans un monde relativement sécuritaire, les jeunes ont donc recours aux films d'horreur pour ressentir cette peur. Les garçons aiment cette sensation encore plus que les filles. "Les spécialistes ont remarqué que dans de telles situations, si nos jeunes se retrouvent en couple, le garçon en profite alors pour faire le brave, tandis que la fille se laisse protéger. Histoire de se confirmer dans nos rôles sexuels!", révèle Paul Hastings.

Un rappel!

L'anxiété est une inquiétude diffuse reliée à ce que l'avenir nous réserve; elle ne repose pas nécessairement sur une source réelle.
La peur est liée à un danger immédiat. Elle nous prévient d'un risque de danger, pour nous permettre de réagir.
Nous transmettons nos craintes et nos peurs à nos enfants, eh oui!

 

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